JO 2016 : Outsiders, le droit de rêver à Rio ? (2/2)

Publiée par Ivan Cappelli le jeudi 11 août 2016 à 16:00
JoJorgensen
Crédit photo : Yonex International

Suite de notre tour d'horizon des principales surprises potentielles pouvant pimenter les Jeux Olympiques de Rio 2016 après la partie 1 publiée hier. Dans notre recherche de pourfendeurs de tête de série, passons aujourd'hui sur ces joueurs d'expérience, ces éternels seconds aussi, capables sur un jour de gloire d'aller chasser les gros poissons. À moins que des talents moins réguliers au plus haut-niveau ne se révèlent à Rio ?

Éternels seconds, ils veulent sortir du rôle de Poulidor : Jan O Jorgensen (Danemark)

Parallèlement à Viktor Axelsen, le Danemark pourra compter sur son deuxième atout Jan O Jorgensen pour jouer les trouble-fêtes et ramener l’or à la maison. Pour ces Jeux, le beau gosse scandinave tentera de faire mieux que sa première tentative britannique de 2012, où il était tombé sur plus fort que lui juste après les poules. Le dangereux Lee Hyun-Il avait ainsi mis fin à son aventure dès les seizièmes de finale. Pourtant Depuis, le Danois est constant dans l’effort.

Abonné fidèle aux demi-finales Super Series et à l’échec dans les grandes compétitions collectives et individuelles du type Championnats du monde, Jan O Jorgensen doit en moyenne se contenter d’un médaillon d’or par saison, Grand Prix et Super Series confondus.
L’année 2015 a été marquée par sa première médaille de bronze aux Mondiaux et par ses deux belles secondes places au All England et en Indonésie. Mais c’est l’arbre qui cache le désert, car le chercheur d’or danois n’est jamais monté sur la plus haute marche du podium d’un grand tournoi cette saison là.

La disette de métal jaune ne s’est pas arrêtée là pour le beau nordique, qui semble avoir perdu de sa superbe encore en 2016. Symbole de cette infortune ? La perte (attendue) de sa couronne européenne au profit de son plus grand rival interne Viktor Axelsen. Aux Championnats d’Europe par équipe masculine, notre héros tricolore Brice Leverdez avait lui aussi annihilé le simple homme 1 danois. À croire que même en Europe, le grand Jan O Jorgensen ne fait plus peur. Enfin, le n°5 mondial est loin d’avoir été convaincant à la Thomas Cup dû à ses 2 défaites en 4 matchs contre des joueurs de second rang.

Souvent écarté du triangle infernal Lee Chong Wei – Lin Dan – Chen Long et concurrencé par son jeune partenaire d’entrainement Axelsen, Jan O Jorgensen n’en reste pas moins une référence du badminton mondial et un courtisan de choix au trône olympique. Victorieux des monuments chinois Lin Dan et Chen Long par le passé, le viking d’Aalborg a toutes les qualités requises pour sortir des griffes des favoris asiatiques. Seul Lee Chong Wei, qu’il a enfin réussi à bousculer en juin dernier en finale de l’Open d’Indonésie, enregistre encore un historique hallucinant contre l’athlète scandinave (16 victoires pour 1 défaite).

Mais y croit-il vraiment ? Car son plus grand ennemi, c’est lui-même. Ayant la puissance, l’endurance et l’expérience suffisantes pour terrasser les meilleurs badistes de la planète, sa friabilité psychologique lui fait régulièrement défaut. Le n°2 européen devra impérativement se faire confiance si il souhaite vraiment étinceler sur le sol auriverde et, pourquoi pas, rêver de la récompense absolue. En tout cas, méfiez-vous de l’eau qui dort...

SNehwal
Crédit photo : Yonex International

Saina Nehwal (Inde)

Saina Nehwal entretient une relation tumultueuse avec les Jeux Olympiques. En 2008 à Pékin, alors qu’elle menait 11-3 dans le troisième set, l’Indienne de 18 ans (à l’époque) fait naufrage en quart de finale. « Un des pires moment de sa vie » déclare-t-elle. Quatre ans plus tard, l’as du volant du nord indien soigne ce traumatisme en atteignant le dernier carré à Londres. Wang Yihan est trop forte pour elle mais la coutume olympique oblige cruellement les demi-finalistes perdants à se départager dans un ultime match pour la troisième marche du podium.

Battue 21-18 au premier set et menée 1-0 au second, Saina Nehwal sort miraculeusement vainqueur de cette confrontation... grâce à l’abandon de la chinoise Wang Xin sur blessure au genou. Une victoire au goût amer certes, mais synonyme de médaille de bronze historique autour du cou, et un nouveau statut d’héroïne nationale à assumer. Aujourd’hui âgée de 26 ans, la n°5 mondiale a pris du galon et ne laissera cette fois rien au hasard pour sa troisième olympiade. Parce que la badiste indienne a quatre grandes qualités : résistance physique, force mentale, puissance et surtout... expérience.

En plus de ses Jeux à Pékin et Londres, la routarde aux 10 titres Super Series est une vraie globe trotteuse avec 6 championnats du monde à son actif, soit une présence régulière (et exemplaire) à chaque tournoi annuel d’ampleur historique depuis qu’elle a 18 ans. Maudite au stade des quarts de finale des Mondiaux de 2009 à 2014, l’icône d’Hisar force le destin en 2015 en remportant sa toute première médaille aux reflets argentés, et rentre encore un peu plus dans la légende de son pays.

Mais pour espérer plaire aux dieux de l’Olympe sur le sable de Rio, la vice championne du monde en titre devra se transcender pour surmonter ses difficultés récurrentes à couler les conquistadors du simple dame Carolina Marin, Li Xuerui, Wang Yihan et réaffirmé son autorité vis à vis des OVNI Ratchanok Intanon, Tai Tzu Ying, Nozomi Okuhara qui l’ont depuis peu rattrapée dans les tournois de grande envergure (Super Series Premier ou Finals).

De son propre aveu, Saina Nehwal n’a pas l’aisance technique innée des joueuses citées d’où une palette de coups assez pauvre. C’est la raison pour laquelle la légende indienne compense en s’acharnant depuis plusieurs années à parfaire ses qualités physiques. Sortir du joug des favoris sera ainsi d’autant plus difficile que l’athlète hindouiste revient d’une blessure au tendon d’Achille.

Véritable porte-drapeau du badminton en Inde, Saina Nehwal se révèle toutefois très menaçante dans l’adversité et reste sur une bonne dynamique en 2015-2016. Voilà pourquoi elle constitue une aspirante crédible à la toison d’or olympique.

Les autres valeurs sûres qui lorgneront sur le trône olympique :
Hiroyuki Endo / Kenichi Hayakawa (Japon)
Christinna Pedersen / Kamilla Rytter Juhl (Danemark)
Tommy Sugiarto (Indonésie)
Sung Ji Hyun (Corée du Sud)
Chang Ye Na / Lee So Hee (Corée du Sud)


FischPeders
Crédit photo : Badmania.fr

Les vieux loups de mer ont encore de beaux restes : Fischer/Pedersen (Danemark)

Ils n’ont plus leurs jambes de 20 ans mais les fantasques danois Fischer Nielsen/Pedersen ne manquent pas de piquant. Notamment Joachim Fischer Nielsen qui, à bientôt 38 printemps, fait partie des tauliers des Jeux Olympiques de Rio 2016, alors que sa comparse Christinna Pedersen, tout juste trentenaire, affiche un état de forme encore exceptionnel aussi bien en double mixte qu’en double dames. Actuellement en quatrième position du classement international, les ex-n°1 mondiaux scandinaves auront à c½ur de battre leur bel accomplissement britannique de 2012.

Têtes de série n°3 lors de leurs premiers Jeux il y a 4 ans, ils étaient passés tout près de l’exploit en accrochant jusqu’à la fin du troisième set les monstres chinois – et futurs champions – Zhang/Zhao en demi-finale. Rageant mais pas de quoi démoraliser les n°1 européens pour la bataille à la troisième place, puisqu’ils infligèrent une violente correction aux Indonésiens Ahmad/Natsir synonyme d’alliage aux teintes brunes.

Aux Championnats du monde, les antécédents de Fischer Nielsen/Pedersen sont un peu plus mitigés : en six Mondiaux depuis 2009 ensemble, « seulement » deux médailles de bronze pour trois fiascos au troisième tour (dont l’année dernière) et un un revers en quart. En bref, les leaders danois du mixte ne sont pas imbattables dans les grandes compétitions internationales, où ils sont régulièrement défaits au mieux dans le dernier carré.

Pas invincibles, mais tellement imprédictibles. Détenteurs d’une dizaine de titres Super Series, les récents Champions d’Europe sont la seule paire du top 5 mondial à conserver un ratio de victoires positif contre les 4 autres meilleurs binômes du ranking BWF, dont l’épouvantail et favori à sa propre succession olympique Zhang/Zhao.

On vous l’accorde, les Danois n’ont pas pris le dessus sur Ahmad/Natsir depuis 2 ans et galèrent de manière croissante à contenir les assauts des Indonésiens Praveen/Jordan ou Coréens Ko/Kim. Mais leur jolie sacre au dernier Japan Open et leurs finales perdues en Inde et Chine en 2015 ainsi qu’en Grande-Bretagne pour le All England cette année prouvent qu’ils ne sont pas hors du coup. Des faits d’arme d’autant plus remarquables que la lumineuse Pedersen s’investit et rayonne de plus en plus en double dames.

Si papy Fischer Nielsen fait autant de résistance, c’est surtout grâce à sa sensationnelle pugnacité. Le grand gaucher danois est un vrai dur à cuir, un accroc de l’adrénaline, un mordu de la victoire. Un compétiteur dans l’âme quoi. D’où ces nombreuses scènes où le natif de Copenhague a tendance à s’emballer pour « le point à tout prix ».

C’est pourquoi les barouds du duo Fischer Nielsen/Pedersen sont bien souvent le théâtre d’échanges fabuleux où toutes les pirouettes sont bonnes pour s’adjuger le rally. Galvanisés par la difficulté, le viking Joachim propose un jeu offensif à l’extrême en fond de court tandis que la belle Christinna offre une palette de coups très techniques au filet. Cerise sur le gâteau, les émotions fortes véhiculées en jeu par les deux guerriers nordiques contrastent formidablement avec la maitrise émotionnelle des écoles asiatiques, notamment chinoise.

Favoris des JO de Rio 2016 soyez prévenus : la double Fischer Nielsen/Pedersen est là pour la gagne. Mieux vaut être armés psychologiquement si vous les affrontez, car l’or olympique n’est pas qu’une affaire de jeunesse ou de talent mais tend également les bras aux outsiders chevronnés les plus déterminés !

XuMa
Crédit photo : Badmania.fr

Xu/Ma (Chine)

L’Empire du milieu a de quoi se frotter les mains en double mixte. L’hégémonie des multiples champions du monde et champions olympiques chinois Zhang Nan/Zhao Yunlei est telle qu’on en oublie par moment la dangerosité de leurs lieutenants Xu/Ma. Authentiques spécialistes du jeu à deux sous toutes ses facettes, les n°2 chinois cumulent à eux deux 8 médailles olympiques et mondiales de toutes les nuances dans toutes les catégories du double.

Aux Mondiaux parisiens de 2010, Xu Chen s’est octroyé le bronze en double hommes pendant que Ma Jin se parait d’argent chez les dames et d’or en mixte avec son ancien partenaire Zheng Bo. Si les deux asiatiques excellaient déjà chacun de leur côté, c’est surtout ensemble qu’ils pourraient ouvrir une bijouterie.

Avec deux colliers d’argent successifs aux Championnats du monde 2013 et 2014 à Guangzhou et Copenhague ainsi que deux bijoux de bronze aux Mondiaux 2011 et 2015 à Londres et Jakarta, leur somptueux joyau olympique aux scintillements argentés de 2012 made in London vient compléter leur collection.

Rendez vous compte : depuis leur alliance en 2011, ces diables de Xu/Ma ont systématiquement rapporté une médaille mondiale ou olympique dans leur foyer. Autant dire que les vices champions olympiques ne font jamais de faux pas dans les grands événements, même si l’or ne leur a pas encore beaucoup réussi et qu’ils éprouvent certaines difficultés à se distinguer sur le circuit Super Series.

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Avec 11 contributions sur 12 possibles (hors Finals), les caïds chinois n’ont atteint « que » deux finales Super Series pour une seule victoire, à l’Indonesia Open, la saison dernière. Leurs résultats 2016 ont également allure de dents de scie : après leur déroute historique contre nos ambassadeurs tricolores Mittelheisser/Fontaine en Suisse et leur déconfiture contre les Malaisiens Goh/Chan en Malaisie, les cracks de l’Empire du milieu se sont relancés en se hissant à la seconde place du Singapour Open et en conquérant le métal jaune du tout récent Indonesia Open. Plutôt maigre pour des champions de ce calibre... mais quel plaisir de les contempler jouer !

À l’instar de Joachim Fischer Nielsen, l’explosif Xu Chen aime la castagne et donne dans le spectaculaire. Il n’est pas rare d’admirer le style tout en acrobaties du longiligne chinois de 31 ans où plongeons rocambolesques et torsions corporelles extravagantes s’entremêlent pour donner vie à des sauvetages abracadabrants ou attaques flamboyantes.

Les années passant, ce jeu très physique s’est répercuté sur la vitesse de l’artificier chinois, qui semble de plus en plus poussif sur les jambes. Le natif de la province de Jiangsu pourra cependant se fier à sa mignonne mais néanmoins meurtrière partenaire Ma Jin, de 2 ans (et 23 cm) sa cadette. D’une expérience singulière, la championne du monde 2010 jouit d’un sublime toucher au filet pour trouver les angles ou trous adverses ainsi que d’une faculté d’adaptation parfaite pour combler les frasques de sa sympathique escorte Xu Chen sur le court.

Ne les enterrez donc pas trop vite ! Détermination volcanique, originalité, expérience du combat, lucidité lors des grands rendez-vous, connaissance aigue du top 5 mondial dont leurs sparring partners champions en titre Zhang/Zhao... le sixième meilleur double mixte de sur Terre ne manquera pas d’atouts pour décontenancer les favoris et s’accaparer l’or olympique sous le soleil de Rio !

BoMog
Crédit photo : Yonex International

Boe/Mogensen (Danemark)

C’est la belle histoire des ces Jeux Olympiques de Rio 2016. Victime d’une rupture d’anévrisme en février dernier, Carsten Mogensen défendra bel et bien sa médaille d'argent olympique avec son partenaire de crime Matthias Boe puisqu’ils avaient été les seuls européens à monter sur un podium olympique depuis le volet 2004 d’Athènes.

Les malins Danois pouvaient-il trouver mieux que la capitale mondiale de la fête pour célébrer leur renaissance ? Jouer le gladiateur dans l’arène du Riocentro sera déjà une victoire en soi. Plus qu’une course à médaille, il s’agira d’une ôde à la vie pour les Scandinaves.

Mais parce qu’on aime les contes de fées à Badmania, on se persuade que tout pourra leur arriver sur les terres brésiliennes, même la conquête du graal olympique ! C’est aussi ça, la magie des Jeux.

PVSindhu
Crédit photo : Badmania.fr

Les grosses côtes qui peuvent surprendre : P.V. Sindhu (Inde)

On ne va pas se mentir, la probabilité pour que P.V Sindhu monte sur la plus haute marche de l’estrade olympique en simple dame est faible. Dans l’obscurité de la superstar indienne Saina Nehwal, des machines chinoises et des jeunes talents venus des quatre coins d’Asie, la perle d’Hyderabad de 21 ans manque de polissage et brille surtout au niveau Grand Prix Gold à l’heure actuelle puisqu’elle affiche trois Macau Open d’affilée et deux Masters de Malaisie à son tableau de chasse. Pourquoi s’attarder alors sur ce second couteau apparent ?

Déjà parce que P.V Sindhu a eu le culot d’abattre tour à tour Tai Tzu Ying, Wang Yihan et Carolina Marin avant de plier en finale face à Li Xuerui lors du prestigieux Denmark Open 2015. Une récente médaille d’argent à un Super Series Premier synonyme de prouesse pour l’Indienne, elle qui peine à exister dans le traditionnel circuit Super Series. Mais la farce ne s’arrête pas là ! Plus surprenantes encore, ses 2 médailles de bronze aux Mondiaux 2013 et 2014 suite à ses victoires sur la pauvre Wang Shixian coup sur coup ont fait de l’ébouriffante n°10 mondiale une challengeuse de premier ordre.

P.V Sindhu est par la même occasion devenue la première Indienne spécialisée en simple à monter sur le podium de Championnats du monde de badminton. À 18 ans s’il vous plait. Qu’est-ce qui fait donc sa force, notamment dans les grands rendez-vous ? En premier lieu, son courage. Vaillante de bout en bout, la jeune merveille indienne est une vraie compétitrice. Animée par une insolente rage de vaincre, P.V Sindhu a souvent le dernier mot dans les querelles à 3 sets serrés.

En second lieu, son corps très athlétique. Des jambes interminables, des épaules carrées dignes des sportifs les plus virils, un corps musclé et sec... la divine asiatique aurait probablement percé dans une autre discipline sportive. Pas si étonnant quand on a des parents volleyeurs.

En dernier lieu, son intelligence de jeu. P.V Sindhu adore courir, mais encore plus faire courir. S’appuyant sur sa résistance physique, l’Indienne bouge ses opposantes dans les 4 coins du court même si c’est parfois un imprécis et brouillon. Si elle slice constamment le volant, la fine stratège indienne oblige aussi assidûment ses opposantes à relever un peu court à la suite de ses contre-amortis bien dosés, afin de mettre un terme à l’échange par un smash autoritaire.

Vous l’aurez compris, P.V Sindhu abordera sa première olympiade pleine d’audace. L’or semble encore trop tôt pour cette édition auriverde mais l’Indienne possède les armes nécessaires pour déranger les favoris et, pourquoi pas, faire flotter le drapeau indien dans le pavillon 4 du Riocentro de Rio de Janeiro. Quoi qu’il arrive, surveillez la car P.V Sindhu ne se déplace pas aux grandes compétitions pour rien !

Goh LY
Crédit photo : Badmania.fr

Chan/Goh (Malaisie)

Eux aussi auront beaucoup à prouver mais pas grand chose à perdre dans la mégalopole sud américaine. Onzièmes au ranking BWF, les discrets Malaisiens Goh Liu Ying et Chan Peng Soon reviennent en force dans le panier de crabes de l’élite internationale. Respectivement âgés de 27 et 28 ans, les anciens n°3 mondiaux ont pour ainsi dire une carrière découpée en deux volets.

Premier chapitre, de 2009 à 2013. Championnats d’Asie 2010, Japan Open 2012, quelques Grand Prix, troisièmes aux Super Series Finals et finalistes du Malaysia Open en 2013, les deux aigles sud asiatiques s’envolent jusqu’au troisième rang mondial la même année. Une promesse de futurs champions brisée par des problèmes de santé pour Goh Liu Ying qui, en 2014, se fait opérer des deux genoux. Une intervention chirurgicale qui marquera un an d’arrêt pour le double mixte phare de la Badminton Association of Malaysia (BAM).

D’où l’écriture d’un second chapitre, de 2015 à aujourd’hui. Naturellement un cran en dessous à cause de leur longue pause et de leur prudence vis-à-vis des blessures, les phénix malaisiens profitent de 2015 pour se reconstruire et renaitre tranquillement de leurs cendres au niveau Grand Prix et International Challenge.

En 2016, la subtile fleur de Malaisie Goh/Chan accélère sa refloraison au niveau Super Series grâce à sa médaille d’argent au Malaysia Open et sa troisième place à l’Open d’Australie. Signes de leur retour au plus haut niveau cette saison, les deux fines lames sud asiatiques ont contrarié les Coréens Ko/Kim et les Chinois Zhang/Zhao tout en accrochant les Indonésiens Tontowi/Ahmad.

Dans les grands événements annuels, c’est une toute autre histoire. Jamais les leaders malaisiens du mixte n’ont sauté l’obstacle du troisième tour en trois participations aux Championnats du monde depuis 2011. Aux Jeux Olympiques de Londres 2012, la paire Goh/Chan a complètement craqué en terminant dernière de son groupe à l’étape des poules. La pression peut-être ?

Car les vice-champions des Jeux d’Asie du sud-est ne sont pas à court d’arguments pour désarçonner la gratin du double mixte professionnel. Terriblement créative au filet, la malaisienne à queue de cheval violacée Goh Liu Ying met sa fantastique adresse technique au service de son sens stratégique aiguisé.

Bien que son acolyte d’1m70 Chan Peng Soon ne soit pas un smasheur hors pair et se révèle être un serveur médiocre quand il est sous pression, sa tranchante vista lui permet de débusquer les espaces et failles adverses afin de noyer leurs opposants dans une troublante et désagréable confusion.

Soyez en convaincus. Si l’armure d’or semble hors de portée pour nos outsiders Goh/Chan, les soldats malaisiens débarqueront sur le champ de bataille avec l’artillerie technique et tactique adéquate pour chambouler les favoris du mixtes et ainsi chanter leur fracassante résurrection une médaille olympique autour du cou.

Les autres grosses cotes qui essaieront de surprendre à Rio :
Srikanth Kidambi (Inde)
Porntip Buranaprasentsuk (Thaïlande)
Akane Yamaguchi (Japon)
Ng Ka Long (Hong Kong)


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  • Vykc
    Le 11/08/2016 à 21h32 (0)
    Boe et Mogensen ont gagné une médaille d'argent olympique en 2012 et non une médaille de bronze ;)
  • Vykc
    Le 11/08/2016 à 21h37 (0)
    Boe et Mogensen ont gagné une médaille d'argent olympique en 2012 et non une médaille de bronze ;)
  • Las du volant
    Le 11/08/2016 à 21h57 (0)
    Tiens, je suis dans le sujet ;) "Quatre ans plus tard, l'as du volant du nord indien..."

    Bravo pour ce sujet, aussi long que complet.
  • Fabien Cherbourg
    Le 11/08/2016 à 22h19 (0)
    Merci, c'est corrigé :)